La trieuse optique

La trieuse optique, qui optimise le tri des grains lors des vendanges, a trouvé toute son utilité avec le millésime 2011.



Tri optique DELTA VISTALYS
Tri optique DELTA VISTALYS
L'apparition des trieuses optiques lors des vendanges est toute récente. Les premières ont été testées seulement à partir de 2008. Leur principe consiste à étalonner un lecteur optique avec le type de raisin que le viticulteur souhaite conserver. Les raisins qui ne correspondent pas à la forme ou au spectre de couleur désirés sont écartés par un système de soufflerie. Outre le tri à la main opéré dans la grande majorité des vignobles, certains domaines sont pour leur part équipés du système dit Mistral, sorte d'énorme sèche-cheveux qui élimine les baies insuffisamment lourdes. Cependant, les baies vertes ne sont pas triées et imposent de la vigilance sur la seconde table de tri. Ces nouvelles technologies de la trieuse optique apportent la solution et tous les soins nécessaires à cette lacune. Un outil qui s'impose aux viticulteurs exigeant sur la qualité de leur vin afin d'en obtenir l'excellence. Au sein de nombreux domaines, le virage vers le tri optique a été amorcé en 2009, après le test d'un prototype en 2008.
C'est un apport indéniable dans la régularité et la qualité du tri lors d'un millésime compliqué. Le 2011, avec des jours à plus de 40 degrés qui ont entraîné des brûlures sur les grappes, où on retrouve des baies roses et vertes qu'il faut absolument éliminer car elles amèneraient de l'amertume et des tanins verts et secs. Derrière l'écran de contrôle, le directeur technique programme le logiciel de calibrage des raisins à conserver, jette un oeil furtif sur les rejets afin de vérifier que ses réglages soient adéquats, puis s'assure à la sortie de la machine que les grains arrivés sur la seconde table de tri sont homogènes.
Les essais ont démontré que grâce à la trieuse optique, le tri se fait beaucoup plus vite. Il est conforme, régulier et d'une constance irréprochable tandis que l'oeil humain fatigue au bout d'un certain temps, ce qui augmente les risques de mauvais tri. La trieuse optique apporte aussi plus de souplesse dans l'organisation des vendanges. A la main, on peut trier jusqu'à une tonne par heure, le réglage de la machine peut aller jusqu'à huit tonnes. Reste que si le choix de la trieuse optique s'avère judicieux, notamment lors du millésime 2011, celui-ci a un coût. A l'achat, les prix flirtent au-dessus des 150.000 euros et la location tourne autour des 3.000 euros par jour. Cependant, à Bordeaux, la dépense n'est pas un frein pour les grands domaines guidés par la quête d'une qualité optimale.
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Tri optique Delta shema d'installation
Tri optique Delta shema d'installation

Le procédé peut ainsi être caractérisé par les phases suivantes :

L’égouttage et la répartition en monocouche.
La vendange est préalablement égouttée des jus libres par les opérations de récolte, de transport et d'égrappage. Ensuite, l'opération de tri se faisant en continu de façon à respecter le flux des apports, l'analyse optique de la vendange sera efficace si les objets à trier sont répartis en monocouche relativement homogène et éparse. Cette étape d'égouttage et de répartition en monocouche éparse est réalisée sur la largeur de convoyage au moyen d'une table vibrante (phase 1).
La stabilisation des objets.

Il est à noter que l’analyse des objets par l’optique sera précise et correcte si les trajectoires sont stables et judicieusement répartis sur sa surface pendant le convoyage. D’où la particularité du système qui consiste à utiliser une bande transporteuse munie de picots (phase 2). Ceci est d’autant plus important que la vitesse est élevée et que la précision du tri à une telle vitesse est fondamentale.
L’éclairage maîtrisé.
L’analyse optique réalisée à haute cadence nécessite de maîtriser l’éclairage de la scène à observer : c'est-à-dire qu’il faut un éclairage continu constant et focalisé. Le choix d’un éclairage (phase 3) à base d’iodes électroluminescentes ou LED répond à cette fonction tout en garantissant une faible consommation d’énergie (par rapport au dispositif halogène habituellement utilisé), la constance de la puissance dans le temps et une durée de vie plus importante. Comme l’analyse des objets se fait sous l’éclairage, la machine proposée dispose d’un fond de scène permettant de ne pas créer d’effet d’ombre et ainsi d’éviter de faire le tri sur une forme différente de la forme réelle.
L’analyse d’images
Une caméra linéaire couleur (phase 4) assure la prise d’images des objets éclairés par LED sur un fond sans ombre et sur la largeur totale du convoyeur. Les images sont traitées par un calculateur suivant un principe basé sur le positionnement et la corrélation des pixels couleurs les uns par rapport aux autres. La particularité de ce système est d’être adapté spécifiquement à la vendange tout en assurant les cadences imposées.
L’interface homme / machine
L’interface homme/machine (phase 5) développée va permettre au vigneron de faire son propre choix et de définir son niveau de tri en jouant sur les paramètres de réglage. Il pourra décider de sélectionner les baies parfaitement intègres et mûres comme il pourra décider de limiter le tri et laisser passer des baies écrasées ou des baies accrochées à un petit bout de rafle.
Le système d’éjection.
Des électrovannes pneumatiques ou buses d’éjection réparties sur la largeur du système effectuent cette opération (phase 6). Ces électrovannes rapides et à fréquences élevées d’ouverture et de fermeture sont capables de tenir les cadences de tri imposées par le débit nominal de la machine et le niveau de tri. Le choix offert portera sur des critères croisés de forme et de couleur.

Pour trier du raisin avec un système optique, il faut préparer la vendange dès son apport sur la ligne de tri pour garantir la cinétique de chacun des objets analysés. La qualité du tri et sa performance sont directement liées aux trajectoires des éléments observés par le système optique.
 


Une caméra prend une photo de la vendange. Une fois l'analyse de l'image réalisée, le système donne l'ordre, en fonction des critères définis par l'opérateur, d'éjecter tous les éléments indésirables : rafles, pépins éclatés, pellicules éclatées, baies roses, pourries, sèches. Jusqu'à 20 % de la vendange peut ainsi être écarté. La sélection se fait sur la maturité, la couleur et la forme des grains. On a ainsi une vendange plus qualitative. On évite les problèmes de sous-maturité ou de sur-maturité des grains. Le rejet de rafles diminue l'astringence. La machine écarte ce que la main ne peut pas faire.





L'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.  

Dimanche 18 Mai 2014
Adelin Pâques
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